
Les 8 tendances des DAF en 2026 | Provigis
Un niveau de défaillances jamais vu depuis 1991, des retards de paiement qui font de la France l’un des plus mauvais élèves en Europe, une explosion de la fraude au virement… en 2026, les directeurs administratifs et financiers devront mener la bataille du cash et redoubler de vigilance face à la recrudescence des attaques par ingénierie sociale dopées à l’IA.
Dans le même temps, l’année en cours sera marquée par un calendrier réglementaire serré :
La facturation électronique devient obligatoire en septembre pour les grandes entreprises et les ETI ;
La directive NIS2, l’AI Act et les exigences de reporting extra-financier imposent une nouvelle budgétisation de la conformité.
En parallèle, les métiers de la finance d’entreprise sont toujours sous tension, et l’IA peine encore à délivrer les gains attendus malgré une adoption massive dans la fonction financière.
Dans cet article, la rédaction de Provigis décrypte les 8 grandes tendances qui marqueront l’année 2026 pour les directions administratives et financières. C’est parti !
1. Près de 70 000 défaillances en 2025 : le DAF en première ligne du risque tiers
En 2025, 69 957 entreprises françaises ont fait l'objet d'une procédure collective (sauvegarde, redressement ou liquidation judiciaire), selon le bilan annuel des défaillances et sauvegardes des entreprises (janvier 2026). Le chiffre dépasse le précédent record de 2024 de 3,1 points et éclipse tous les pics enregistrés depuis 1991, y compris ceux de 2009 et 2015 qui plafonnaient aux alentours de 64 000 cas.
Le quatrième trimestre concentre à lui seul 19 024 ouvertures de procédures, un volume sans précédent pour une fin d'année, même si le rythme de progression ralentit (+1,7 % au T4, contre +10 % un an plus tôt)… mais le ralentissement de la hausse ne doit pas masquer l’ampleur des encours exposés.
À fin décembre 2025, les entreprises défaillantes pour lesquelles les données financières sont disponibles représentent, selon Allianz Trade :
- Un chiffre d'affaires cumulé de 35,1 milliards d'euros (+1 % sur un an, +51 % par rapport à la moyenne 2006-2024) ;
- Un passif fournisseurs de 6,6 milliards d'euros.
💡 Les liquidations judiciaires, majoritaires dans les jugements
En face, les deux tiers des jugements (47 078 sur l'année) restent des liquidations judiciaires directes, c'est-à-dire des entreprises pour lesquelles aucun redressement n'est envisagé. Les créanciers de ces sociétés, fournisseurs et prestataires en tête, ont très peu de chances de récupérer les sommes dues.
Des défaillances qui remontent la chaîne de valeur
La sinistralité ne touche plus seulement les microstructures. Certes, 85 % des entreprises défaillantes emploient moins de 5 salariés et 95 % réalisent moins de 2 millions d'euros de chiffre d'affaires (EY/AU Group, février 2026), mais la diffusion vers les structures de taille supérieure s'accélère : les procédures collectives d'entreprises industrielles de plus de 50 salariés ont bondi de 75 % entre 2024 et 2025, selon l'AGS.
Pour les directions financières, le danger réside moins dans la défaillance d'un fournisseur isolé que dans l'effet cascade qu'elle provoque :
- Quand un fournisseur de rang 1 dépose le bilan, l'impact est visible et immédiat : commandes bloquées, créances à provisionner, lignes de production à réorganiser ;
- Quand la défaillance concerne un fournisseur de rang 2 ou 3, le signal met plus longtemps à remonter, les stocks tampons peuvent s’épuiser avant que l'alerte ne parvienne au DAF, et les solutions de repli se négocient dans l'urgence, donc à prix fort.
💡 La ventilation du risque de défaillance par secteur
Le transport-entreposage affiche la hausse sectorielle la plus marquée (+64 % par rapport à la moyenne 2010-2019), suivi par l'hébergement-restauration (+9 %) et les services aux entreprises (+810 cas supplémentaires sur douze mois).
Ce que ces chiffres changent pour le DAF
Les projections pour 2026 ne laissent pas entrevoir d'accalmie franche. Le groupe BPCE anticipe 69 000 procédures, un plateau quasi identique à 2025. Allianz Trade table sur un scénario un peu plus favorable (66 700 cas, soit -2,7 %), mais prévient que les incertitudes fiscales et géopolitiques, ainsi que la faiblesse persistante de la croissance européenne pourraient pousser le compteur au-delà de ces prévisions.
Pour un DAF, la multiplication des défaillances fournisseurs se traduit par :
- La hausse des créances irrécouvrables et des provisions. L'hégémonie des liquidations judiciaires directes laisse très peu de marge aux créanciers chirographaires : ces procédures ne prévoient aucun plan de redressement, et les actifs restants sont absorbés en priorité par les créanciers privilégiés (salariés, Trésor public, organismes sociaux). Chaque défaillance dans le portefeuille clients ou fournisseurs déclenche une écriture de dépréciation qui vient grever le résultat.
- La pression sur le Besoin en Fonds de Roulement (BFR). Les retards de paiement s'allongent en amont des défaillances (on en parle dans la tendance n°2). Le DAF qui ne surveille pas la santé financière de ses partenaires commerciaux découvre le problème au moment de la facture impayée. Sa marge de manœuvre est alors bridée.
- La solidarité financière. Si le donneur d’ordre ne remplit pas son obligation de vigilance (articles L.8222-1 et suivants du Code du travail), il s’expose à la solidarité financière sur les dettes sociales et fiscales de son sous-traitant défaillant.
Le contexte de 2026 rend ces vérifications d'autant plus pressantes que le tissu de fournisseurs se fragilise trimestre après trimestre. Un DAF qui pilote encore la conformité de ses tiers par campagnes annuelles ou via des tableurs partagés accumule un risque financier et juridique à chaque bon de commande.
💡 Provigis surveille ces signaux faibles pour vous, en continu
Les défaillances fournisseurs sont généralement précédées de signaux documentaires : une attestation URSSAF non renouvelée, une liasse fiscale qui révèle une dégradation des fonds propres, une attestation de régularité fiscale expirée... Provigis collecte ces documents, les authentifie via les API gouvernementales (URSSAF, Infogreffe, INSEE) et vous alerte en cas d’anomalie. Si le fournisseur sort de la conformité, la commande peut être bloquée directement dans votre ERP ou SRM via les connecteurs API de notre plateforme digitale.
2. Retards de paiement : la France affiche la pire trajectoire en Europe
Au premier semestre 2025, les entreprises françaises accusaient un retard moyen de paiement de 14,1 jours, contre 13,5 jours fin 2024 et 12,6 jours un an plus tôt, selon l'étude semestrielle sur les retards de paiement interentreprises (septembre 2025).
En deux ans, le délai d'encaissement des factures s'est donc allongé de deux jours. Le rapport qualifie cette tendance de « pire trajectoire sur la période en Europe ». À titre de comparaison :
- Les Pays-Bas affichent 3 jours de retard moyen ;
- L'Allemagne moins de 7 ;
- La Belgique est retombée sous la barre des 12 jours.
En France, moins d'une entreprise sur deux (45,2 %) a payé ses fournisseurs dans les délais attendus au premier semestre 2025, tous secteurs et tailles confondus. Les structures de plus de 1 000 salariés dérapent de plus de 20 jours en moyenne, tandis que les organisations du secteur public approchent les 15 jours de retard.
Une dégradation qui touche tous les maillons de la chaîne
Selon l'enquête annuelle de Coface publiée à l'automne 2025, 86 % des entreprises françaises déclarent avoir subi des retards de paiement au cours des douze derniers mois (contre 82 % en 2023 et 85 % en 2024). Parmi elles, 44 % subissent des retards supérieurs à un mois, pour une durée moyenne de 39,5 jours.
Les TPE paient le prix fort, avec des retards atteignant 44 jours en moyenne (contre 36 pour les grandes structures), et plus de la moitié d'entre elles jugent l'impact sur leur trésorerie « critique ».
Sans surprise, les difficultés financières des clients sont la principale cause des retards de paiement, selon 42 % des entreprises interrogées par Coface, avec des effets en cascade :
- Une entreprise payée en retard décale à son tour le règlement de ses propres fournisseurs ;
- Les fournisseurs retardent leurs paiements à leurs propres fournisseurs ;
- Et ainsi de suite jusqu'au maillon le plus fragile de la chaîne, en général une TPE ou une PME dont la trésorerie ne supporte pas le décalage.
💡 Vers une aggravation des retards de paiement
Un tiers des entreprises anticipe une nouvelle aggravation en 2026, notamment dans les secteurs du transport, de la construction et de l'automobile. Carine Pichon, directrice générale France, Afrique et Europe de l'Ouest de Coface, explique : « Les entreprises françaises voient leurs marges et leur trésorerie sous tension, et les niveaux de défaillances devraient rester élevés en 2026, ce qui appelle une vigilance accrue pour l'ensemble du tissu économique ».
Le coût des retards de paiement pour le tissu économique français
L'Observatoire des délais de paiement de la Banque de France estime que la suppression des retards de paiement aurait permis aux PME françaises de disposer de 15 milliards d'euros supplémentaires de trésorerie en 2024.
Pour un DAF, l'enjeu se traduit par :
- La dérive du DSO (Days Sales Outstanding) ;
- La tension du BFR ;
- Le recours croissant au financement court terme : selon les courtiers interrogés par Coface, le nombre de contrats d'affacturage ponctuel a augmenté de 18 % en un an.
3. Le cash management redevient la priorité n°2 des directions financières
C’est en tout cas ce qui ressort de l’étude « Priorités 2026 des Directions Financières » réalisée par PwC/DFCG auprès de 220 directions financières dans 12 secteurs d’activité.
La gestion du cash, des financements et de l'investissement progresse donc d’une place en 2026, juste derrière le pilotage de la performance. C’est probablement une conséquence directe des deux premières tendances de cet article : un tissu de clients et de fournisseurs fragilisé par les défaillances et des retards de paiement qui s'allongent.
Citons également l’accès au financement qui devient plus cher dans un contexte de croissance européenne atone (1,1 % pour la zone euro selon le FMI) et d’incertitudes liées au contexte géopolitique.
Les directions administratives et financières doivent donc renforcer leur gestion du risque de liquidité à travers plusieurs leviers :
- La prévision de trésorerie en temps réel, en connectant les outils de cash forecasting à l'ERP pour anticiper les décalages entre encaissements et décaissements, plutôt que de les constater à la clôture mensuelle ;
- Le suivi des KPI du cash : Cash Conversion Cycle, DSO (Days Sales Outstanding), DPO (Days Payable Outstanding)... Ces indicateurs doivent désormais être suivis en continu, même en l’absence de signaux de dégradation de la trésorerie ;
- Le recours à l'IA pour la détection précoce des retards, en identifiant les clients dont le comportement de paiement se dégrade avant que l'impayé ne se matérialise ;
- La renégociation des conditions de paiement héritées de la période inflationniste 2022-2024 : clauses d'indexation, délais contractuels, pénalités de retard...
💡 L’optimisme prudent des DAF à court et moyen terme
Selon la même étude PwC/DFCG, 54 % des dirigeants financiers se déclarent « confiants » dans les perspectives de croissance de leur entreprise à un an, et 70 % à trois ans. Mais cette confiance n’empêche pas une certaine frugalité : 86 % des DAF prévoient une stabilité ou une baisse des coûts de la fonction financière en 2026.
4. La fraude au virement dépasse pour la première fois la fraude à la carte bancaire
Au premier semestre 2025, la fraude au virement a atteint 230 millions d'euros en France, soit une hausse de 44 % par rapport à la même période de 2024, selon les chiffres publiés fin janvier 2026 par l'Observatoire de la sécurité des moyens de paiement (OSMP) de la Banque de France. Le volume de transactions frauduleuses a plus que doublé (+107 %) sur la même période.
En parallèle, la fraude à la carte bancaire a reculé de 9,8 % pour s'établir à 211 millions d'euros, portée par la généralisation de l'authentification forte. Pour la première fois, les montants détournés par virement dépassent ceux de la carte. Manifestement, les fraudeurs migrent vers le maillon le moins protégé.
💡 La fraude par manipulation, dopée par l’essor de l’IA générative
Un escroc contacte la victime (par téléphone, email ou SMS), usurpe l'identité d'un conseiller bancaire, d'un fournisseur ou d'un dirigeant, et obtient la validation d'un virement vers un compte frauduleux. Ce type de fraude a progressé de 37 % au premier semestre 2025 pour atteindre 245 millions d'euros, soit 40 % du volume total de la fraude aux moyens de paiement. L’IA générative, en plein essor depuis fin 2022, permet aux fraudeurs de réaliser des deepfakes vocaux et vidéo de plus en plus convaincants. Le journal Les Échos fait par exemple état d’un employé d'une entreprise britannique qui a validé un virement de 25 millions de dollars après une visioconférence avec un « clone deepfake » de son directeur financier et de plusieurs collègues.
Le risque de fraude au virement est majoritairement porté par trois vecteurs d'attaque :
- La fraude au président : un faux dirigeant ordonne un virement urgent et confidentiel, souvent la veille d'un week-end ou d'un jour férié, quand les circuits de validation sont allégés ;
- La fraude au fournisseur : un escroc notifie un changement de coordonnées bancaires en usurpant l'identité d'un fournisseur habituel, le plus souvent après une attaque de type « phishing ». Le ou les virements suivants atterrissent sur le compte frauduleux ;
- La fraude au virement de salaire : un usurpateur demande aux RH de modifier l'IBAN d'un salarié. L'entreprise verse le salaire sur un compte tiers sans s'en apercevoir avant la réclamation du salarié.
Pour limiter l'exposition, les directions financières doivent systématiquement contrôler les coordonnées bancaires à chaque modification, imposer la double validation des virements au-delà d'un certain seuil et sensibiliser les équipes comptables et RH aux scénarios d'ingénierie sociale.
À noter : la Banque de France a lancé en avril 2026 le Fichier national des comptes signalés pour risque de fraude (FNC-RF), une plateforme d'échange entre banques des IBAN suspects qui permet de bloquer un virement si l'IBAN de destination y figure.
💡 Provigis collecte et contrôle les RIB de vos tiers
Notre plateforme digitale vous permet deux niveaux de vérification : un contrôle de vraisemblance (niveau 1) et un contrôle certifié (niveau 2). Les RIB sont collectés directement auprès des fournisseurs et prestataires, puis vérifiés avant tout passage en paiement.
5. Facturation électronique : le compte à rebours de septembre 2026
Le 27 février 2026, la DGFiP et l'AIFE ont lancé la phase pilote de la facturation électronique obligatoire : de vraies factures échangées et de vrais paiements exécutés en conditions réelles de production.
Le calendrier a (cette fois) été confirmé sans ambiguïté par la ministre de l'Action et des Comptes publics, Amélie de Montchalin : « Il n'y aura ni report, ni amendement de suppression ». Il s'articule en deux temps :
- 1er septembre 2026 : toutes les entreprises assujetties à la TVA doivent être en capacité de recevoir des factures électroniques. Les grandes entreprises et les ETI doivent également les émettre. L'e-reporting, qui consiste à transmettre les données de transaction à l'administration fiscale, démarre à la même date pour ces catégories ;
- 1er septembre 2027 : l'obligation d'émission s'étend aux PME, aux TPE et aux micro-entreprises.
Plus de 10 millions d'acteurs économiques entrent dans le champ de la réforme. À fin février 2026, environ 600 000 entités ont inscrit leur point de réception dans l'annuaire central, et 101 plateformes agréées ont finalisé leur immatriculation auprès de la DGFiP.
L'écart entre les 600 000 inscrits et les 10 millions d'assujettis donne la mesure du chemin qu'il reste à parcourir…
💡 Ce qui change concrètement pour la direction financière
Les factures PDF envoyées par email et les factures papier ne seront plus conformes pour les transactions B2B. Chaque facture devra transiter par une plateforme agréée, dans l'un des trois formats structurés acceptés (Factur-X, UBL ou CII), et intégrer quatre nouvelles mentions obligatoires : la catégorie de l'opération (vente, prestation de services ou les deux), l'option éventuelle pour le paiement de la TVA sur les débits, l'adresse de livraison si elle diffère du siège et le numéro SIREN du client.
Pour les DAF qui n'ont pas encore engagé la transition, le calendrier est serré. Les chantiers à ouvrir d'ici septembre 2026 concernent à la fois :
- Le choix et le raccordement à une plateforme agréée ;
- La mise à jour des logiciels de facturation et de comptabilité pour supporter les formats structurés ;
- La révision des circuits internes de validation des factures entrantes et sortantes ;
- La formation des équipes comptables aux nouveaux processus.
💡 Saisir les opportunités de la dématérialisation des factures sur le pilotage du cash
Pour les ETI et PME qui traitent encore une partie de leurs factures manuellement (saisie, rapprochement, relance), le passage au format structuré élimine les jours de latence entre la réception de la facture et son intégration comptable. Pour les organisations déjà outillées, le gain porte davantage sur l'automatisation du rapprochement factures/paiements et sur l'exploitation des données d'e-reporting, qui permettent de suivre les encaissements en flux continu sans attendre la consolidation mensuelle.
6. Budgéter les six chantiers de la conformité de 2026
Entre septembre 2025 et août 2026, 6 chantiers de conformité arrivent simultanément sur le bureau des DAF. Chacun impose ses propres investissements (audit, outils, formation, recrutement), ses propres échéances et ses propres sanctions.
Empilés sur le même exercice budgétaire, ils créent une pression inédite sur les enveloppes de la direction financière, d'autant que 95 % des entreprises concernées par la seule directive NIS2 ont dû réallouer des budgets initialement fléchés vers d'autres postes pour financer leur mise en conformité, selon une enquête Veeam menée auprès de 500 décideurs IT européens.
Les DAF sont attendus à deux niveaux dans cette séquence :
- Arbitrer les priorités d'investissement entre des chantiers qui se disputent les mêmes ressources (budget IT, temps des équipes juridiques et comptables, recours aux cabinets de conseil) ;
- Provisionner les risques de non-conformité, car les sanctions associées à ces textes ne relèvent plus du symbolique.
💡 Provigis centralise la conformité documentaire de vos tiers sur plusieurs de ces régimes
Obligation de vigilance, attestations financières et assurantielles, questionnaires Sapin II et RSE, engagements RGPD et cybersécurité… Provigis regroupe dans un même référentiel les documents exigés par ces différents cadres réglementaires. Chaque pièce est authentifiée, horodatée et archivée avec une piste d'audit opposable.
7. L'IA s'installe dans les directions financières, mais le ROI ne suit pas encore
C’est la principale conclusion de l’édition 2026 du « State of AI in Finance 2026 », publié par CFO Connect en mars 2026.
En effet, 82 % des fonctions financières intègrent désormais l'IA de manière régulière dans leurs processus. Parmi elles, 68 % déclarent que l'automatisation des tâches répétitives a libéré du temps pour l'analyse.
Côté investissements, 87 % des DAF de grandes entreprises jugent l'IA « extrêmement ou très importante » pour les opérations de leur département en 2026 (Deloitte CFO Signals), et 83 % prévoient une hausse de leur budget IA à court terme.
L'adoption est donc bien là, mais le retour sur investissement reste en deçà des attentes. Selon une étude BCG, le ROI moyen de l'IA en finance se situe autour de 10 %, alors que la plupart des directions financières visent plus de 20 %. L'écart s'explique par trois freins récurrents :
- La qualité insuffisante des données qui alimentent les modèles IA ;
- La fragmentation des cas d'usage (beaucoup de pilotes, peu de déploiements à l'échelle) ;
- La pénurie de profils capables de faire le pont entre la finance et la Data Science.
💡 Les quatre cas d'usage où les DAF constatent un gain significatif
La comptabilité fournisseurs (rapprochement automatique factures/commandes, détection de doublons et d'anomalies), la prévision de trésorerie (scénarios « what-if » actualisés en temps réel à partir des données ERP), la détection de fraude (identification de patterns de paiement inhabituels avant exécution du virement) et l'accélération de la clôture comptable (génération automatique des écritures de régularisation et des rapports d'écarts).
Selon une enquête Kyriba menée auprès de 1 400 DAF dans 8 pays (y compris en France), 67 % des directeurs financiers estiment que l’IA sera la source de la plus grande évolution de leur métier dans les cinq prochaines années, soit 14 points de plus qu'il y a six mois. En parallèle, 77 % estiment que la transformation par l’IA pose un risque critique sur la sécurité et la confidentialité des données.
Ce décalage entre l’enthousiasme et la prudence, que l’étude qualifie d'« AI trust gap », oblige les DAF à investir à la fois :
- Dans la gouvernance : traçabilité des décisions algorithmiques, auditabilité des modèles, conformité à l'AI Act d'ici août 2026 ;
- Dans les outils et le déploiement technique de l’IA à proprement parler.
8. Les DAF recrutent des profils qui n'existaient pas il y a encore cinq ans
Les directions financières ne cherchent plus seulement des comptables, des consolideurs ou des fiscalistes. Elles recrutent de plus en plus des profils hybrides capables de structurer un modèle de données, de dialoguer avec la DSI sur un projet d'automatisation et d'interpréter les résultats d'un algorithme de prévision de trésorerie.
Des postes comme le XP&A (Extended Planning & Analysis), qui combine finance, data et pilotage opérationnel, apparaissent dans les organigrammes des grands groupes et même des ETI matures sur le sujet. Selon PwC/DFCG, 60 % des directions financières prévoient de réorganiser leur équipe en 2026 avec trois priorités :
- La restructuration des équipes comptables par processus (et non plus par entité juridique), citée par 21 % des répondants ;
- La création d'une équipe dédiée à la transformation de la fonction finance (19 %) ;
- La mise en place d'une cellule centralisée de traitement de la donnée et de production du reporting (18 %).
La compétence la plus recherchée est « la culture data » (30 % des répondants), loin devant les compétences techniques au sens classique (15 %) et la maîtrise des opérations (15 %). Selon l’étude de rémunération de FED Finance réalisée en 2025 dans l’Hexagone :
- Les profils purement techniques peinent à se différencier ;
- Les candidats qui maîtrisent à la fois les fondamentaux comptables et les outils d'analyse de données (Python, BI, IA générative) suscitent des surenchères salariales.
💡 Le marché français des DAF en tension
Sur environ 40 000 directeurs financiers en activité en France, 80 % ne sont pas en recherche active. Les entreprises se disputent donc un vivier de candidats particulièrement restreint. En parallèle, seule une entreprise française sur trois maintiendra des augmentations « générales » en 2026. La rémunération s'individualise de plus en plus autour de critères de performance et de rareté du profil.
Provigis : fiabilisez le suivi de conformité de vos tiers face aux turbulences
Défaillances en série, retards de paiement record, fraude au virement en hausse, empilement réglementaire… les directions administratives et financières abordent l'année 2026 avec des obligations de contrôle qui se durcissent sur tous les fronts.
Depuis 2009, Provigis accompagne les directions achats, juridiques et financières dans le pilotage de la conformité de leurs tiers. Notre plateforme digitale est née au sein du Club des Acheteurs à partir d'un principe de mutualisation : les fournisseurs peuvent déposer leurs documents une seule fois, et l’ensemble des donneurs d’ordres peuvent y accéder.
En tant que Tiers de Collecte Probatoire (TCP), nous agissons donc comme tiers de confiance entre les donneurs d'ordres et leurs fournisseurs, prestataires et sous-traitants pour :
- Collecter les documents financiers des tiers (attestation de régularité fiscale, bilan, liasse fiscale, coordonnées bancaires) et les attestations de l'obligation de vigilance (Kbis, URSSAF, liste des travailleurs étrangers) ;
- Contrôler l'authenticité des attestations via les API gouvernementales (URSSAF, Infogreffe et INSEE) ;
- Vérifier les RIB de vos fournisseurs avec deux niveaux de contrôle (vraisemblance et contrôle certifié) pour limiter l'exposition à la fraude au virement ;
- Administrer des questionnaires Sapin II, RSE, RGPD et dépendance économique auprès des tiers, avec un scoring de conformité associé ;
- Piloter les échéances documentaires avec des relances automatiques avant chaque expiration ;
- Interfacer la plateforme avec l’ERP ou le SRM pour conditionner les commandes au statut de conformité du fournisseur ;
- Archiver chaque document avec une piste d'audit horodatée, historisée et juridiquement opposable.
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