
Les 9 tendances de la fonction achats en 2026 | Provigis
Record de défaillances fournisseurs, empilement réglementaire, inflation opportuniste, recul de la RSE… mais aussi adoption massive de l'IA et émergence des agents autonomes dans les directions achats les plus matures : la fonction achats aura, cette année encore, un programme chargé, et sur tous les fronts.
Dans cet article, la rédaction de Provigis décrypte les 9 tendances achats de l'année, chiffres clés et analyses d'experts à l'appui.
1. Les directions achats françaises et l’épouvantail de la défaillance fournisseur
La défaillance fournisseur est citée comme « risque majeur » par 61 % des directions achats interrogées dans l’édition 2026 de l’étude AgileBuyer/CNA sur les tendances d’achat, loin devant la rupture de chaîne d'approvisionnement (47 %) et le risque cyber (37 %).
Elles placent un risque financier et opérationnel immédiat, celui de voir un fournisseur déposer le bilan, au-dessus de risques systémiques pourtant beaucoup plus médiatisés. Il faut dire que l’Hexagone a battu son record de défaillances en 2025, puisque 68 500 entreprises ont déposé le bilan.
Forcément, certains secteurs sont beaucoup plus exposés :
- La quasi-totalité (91 %) des directions achats de la mécanique, des équipements, du meuble et du textile placent la défaillance fournisseur parmi leurs risques majeurs ;
- L’industrie lourde (72 %) ;
- La mode et le luxe (67 %) ;
- La grande consommation/distribution (63 %).
Pour Olivier Wajnsztok, directeur associé d'AgileBuyer, le danger principal réside dans l'effet cascade : « Si un ou plusieurs fournisseurs stratégiques d'une entreprise défaillent, celle-ci se voit menacée de ne plus pouvoir produire elle-même. »
⚠️ L’effet cascade, un point de vigilance majeur
Une défaillance fournisseur de rang 1 peut bloquer une ligne de production en quelques jours. Mais la défaillance d'un fournisseur de rang 2 ou 3, moins visible dans les radars achats, peut provoquer exactement le même effet avec un délai de détection plus long. Le temps que l'information remonte, les stocks tampons sont consommés et les solutions de repli se négocient dans l'urgence, et donc à prix fort.
Pour contenir ce risque, les directions achats françaises s'appuient sur deux principaux leviers :
- Le double sourcing (60 % des répondants) ;
- La cartographie des risques fournisseurs (51 %).
En creux, ces chiffres révèlent aussi des angles morts : quatre directions achats sur dix n'ont pas de source alternative identifiée pour leurs fournisseurs critiques, et près d'une sur deux travaille encore sans cartographier le risque tiers.
💡 Provigis surveille ces signaux faibles pour vous, en continu
En tant que Tiers de Collecte Probatoire, Provigis collecte et contrôle en temps réel les documents qui trahissent une dégradation financière chez vos fournisseurs : bilan financier, liasse fiscale, attestation de régularité fiscale, attestation de dépôt des déclarations fiscales, attestations de vigilance URSSAF/SSI/MSA, etc. Dès qu'un document expire ou qu'une alerte défaillance remonte, Provigis déclenche une notification automatique. Si le fournisseur n'est pas en règle, la commande peut être bloquée directement dans votre ERP ou SRM via un connecteur API.
2. La géopolitique des achats 2026 : la Chine rassure, les États-Unis inquiètent et la relocalisation patine
En 2024, une direction achats française sur deux déclarait vouloir réduire sa dépendance à la Chine. En 2025, elles étaient encore 43 %. En 2026, ce chiffre s’effondre à 17 %, selon l’étude AgileBuyer/CNA.
Le retournement est brutal, et il s'explique moins par un regain de confiance envers Pékin que par la politique de l’administration américaine. Face aux barrières tarifaires volatiles, la plaque chinoise apparaît paradoxalement plus stable que la plaque américaine, selon Olivier Wajnsztok, directeur associé d'AgileBuyer.
Ce recul de la vigilance vis-à-vis de la Chine intervient pourtant à un moment où les chaînes d'approvisionnement mondiales se recomposent en profondeur. Selon le rapport GEP Outlook (2026), qui s'appuie sur l'expérience du cabinet américain auprès des entreprises du Fortune 500 et du Global 2000, le phénomène « China outside China » prend de l’ampleur : des capitaux, des équipements et du management chinois se déploient massivement en Asie du Sud-Est, en Inde et au Mexique, souvent sous propriété ou influence capitalistique chinoise.
En clair, un produit étiqueté « Made in Vietnam » ou « Made in Mexico » peut très bien sortir d'une usine financée depuis Shenzhen, opérée par du management chinois et intégrée à un écosystème industriel resté chinois de bout en bout. Pour les directions achats qui relâchent leur surveillance sur la Chine en se fiant au pays d'origine déclaré, le risque de dépendance ne disparaît pas : il se déplace et devient moins lisible.
💡 Le transbordement, l’angle mort du sourcing en Asie du Sud-Est
En juillet 2025, les États-Unis et le Vietnam ont signé un accord commercial qui instaure une distinction tarifaire inédite : 20 % de droits de douane sur les produits fabriqués au Vietnam, mais 40 % sur les produits jugés « transbordés » (transshipped), c'est-à-dire fabriqués en Chine puis réétiquetés au Vietnam avant d'être exportés vers les États-Unis. Pour les directions achats françaises, tout composant issu d'un fournisseur vietnamien à capitaux chinois peut déclencher la surtaxe à 40 % sur le produit fini exporté aux Etats-Unis. Ensuite, même sans exposition directe au marché américain, les fournisseurs asiatiques qui perdent leur accès aux États-Unis risquent de voir leur modèle économique fragilisé (risque de défaillance).
3. Relocalisation et Made in France : 71 % des acheteurs y croient, mais seuls 13 % passent à l'acte
En 2022, au lendemain des ruptures d'approvisionnement liées au Covid, 47 % des entreprises interrogées par AgileBuyer demandaient à leurs fournisseurs de relocaliser leur production en France ou en Europe. En 2026, elles ne sont plus que 13 % !
Le seul secteur où la demande tient encore est celui de la mode et du luxe (33 %), porté par des contraintes de traçabilité et d'image de marque qui justifient le surcoût. Partout ailleurs, le coût reste le premier frein, cité par 32 % des répondants. Le constat n’est pas propre à la France, puisque GEP Outlook 2026 évoque pour les États-Unis un « reshoring mirage », ou mirage de la relocalisation.
Le Made in France et le Made in Europe progressent pourtant dans les critères d'attribution des marchés. En 2026, 71 % des directions achats françaises déclarent les intégrer à leurs décisions, 11 points de plus qu’en 2025. L’intention semble là, mais elle reste pour l’heure déclarative pour plusieurs raisons :
- Le différentiel de coût. Sur les familles d'achats industriels à forte intensité de main-d'œuvre (câblage, assemblage, usinage de pièces simples), l'écart de prix entre un fournisseur français et un fournisseur d’Europe de l’Est ou asiatique peut atteindre 40 %, un gap que les gains logistiques et la réduction des délais ne compensent pas toujours.
- Le tissu industriel européen manque de profondeur sur certains segments. Relocaliser suppose de trouver, en France ou en Europe, des fournisseurs capables de produire aux volumes, aux cadences et aux niveaux de certification requis. Sur les composants électroniques ou les pièces plastiques techniques, ces fournisseurs sont parfois rares (ou saturés).
- La qualification d'un nouveau fournisseur prend du temps. Audits qualité, vérification documentaire, tests de présérie, homologation… le processus peut durer de six mois à deux ans selon le secteur, un délai que les directions achats sous pression budgétaire peinent à absorber.
💡 La préférence européenne face à la réalité du terrain…
Interrogé dans le cadre de l'étude AgileBuyer, Jérôme Lamoureux, directeur des achats de Covéa (Maaf, MMA et GMF), détaille la règle appliquée par son groupe : « À qualité, délai et coût équivalents, une priorité est donnée aux fournisseurs dont le siège social de la maison mère est établi dans l'UE. C'est difficile, parfois impossible sur certains marchés ou familles d'achats, mais c'est une ambition nécessaire dans le contexte actuel. »
4. La RSE décroche dans les priorités achats, mais le socle tient
Pour la première fois en 5 ans, les indicateurs RSE reculent dans l'étude AgileBuyer/CNA. En 2024 et 2025, 78 % des acheteurs déclaraient avoir des objectifs liés au développement durable. En 2026, ils ne sont plus que 69 %. Dans le détail :
- Le critère des émissions de CO₂ dans le choix des fournisseurs chute de 51 % à 42 % en un an ;
- La mesure de l'empreinte carbone des fournisseurs, qui progressait régulièrement depuis 2022, retombe à 42 % (- 5 points).
Sans grande surprise, la RSE recule d’abord sous la pression économique : 34 % des directions achats relèguent explicitement les objectifs ESG au second plan pour des raisons budgétaires.
Olivier Wajnsztok épingle également un effet de contexte international : « Beaucoup d'acteurs américains font passer la notion de RSE au second plan, tandis que, dans le même temps, la réglementation européenne en la matière se relâche ou se décale dans le temps. » À cela s'ajoute une défiance croissante : 58 % des acheteurs soupçonnent leurs fournisseurs d'utiliser la RSE et la CSRD pour justifier des hausses de prix.
Pour autant, les fondamentaux RSE ne s'effondrent pas :
- 75 % des directions achats restent engagées dans la réduction de leur empreinte carbone ;
- 54 % bloquent les fournisseurs qui ne répondent pas à leurs critères sociaux et environnementaux ;
- 55 % poursuivent un processus de labellisation RSE ;
- 21 % ont déjà obtenu le label RFAR (Relations Fournisseurs et Achats Responsables), et 17 % ont engagé le processus.
5. L’hyperactivité réglementaire : quand la conformité devient un exercice en temps réel
En 2025, la CSRD est entrée en application pour les grandes entreprises européennes, avant que le paquet Omnibus ne vienne la détricoter en décembre. En parallèle, la CSDDD a été adoptée puis partiellement reportée sous la pression de plusieurs États membres. Le CBAM (mécanisme d'ajustement carbone aux frontières) monte en puissance par phases.
Côté cybersécurité, la transposition française de NIS2, baptisée « Loi Résilience », a été adoptée au Sénat en mars 2025 et doit encore passer en séance plénière à l'Assemblée nationale.
Pour les directions achats, le problème tient à la fois au volume des textes et à leur instabilité. Un règlement adopté en 2024 peut être reporté en 2025, durci en 2026 et réinterprété entre-temps par une autorité nationale. Les entreprises subissent des changements de cap réglementaires à une fréquence qui rend parfois les dispositifs de conformité annuels obsolètes avant même leur déploiement.
L’état des lieux chez les directions achats est inquiétant :
- 72 % des acheteurs interrogés par AgileBuyer/CNA jugent la complexité réglementaire « excessive » ;
- Plus révélateur encore, 53 % des directions achats déclarent ne pas avoir connaissance de la démarche de double matérialité, alors même que celle-ci conditionne le reporting CSRD auquel leur entreprise est (ou sera) soumise.
En réalité, une seule nomenclature d'achat peut aujourd'hui déclencher plusieurs régimes de conformité simultanés :
- L’obligation de vigilance au sens du Code du travail (articles L.8222-1 et suivants) ;
- Le reporting extra-financier et le devoir de vigilance européen (CSRD, CSDDD) ;
- La loi anticorruption (Sapin II) ;
- La cybersécurité de la chaîne d'approvisionnement (NIS2) ;
- La conformité financière et assurantielle : régularité fiscale, bilan, liasse fiscale, assurance RCP ou décennale ;
- Les différentes obligations sectorielles : QHSE (ISO 9001, 14001, 45001, MASE, ICPE), transport (licences, ADR, TSVR), industrie (REACH/RoHS, EN 9100, etc.).
💡 Provigis centralise et automatise le suivi de conformité sur tous ces régimes
Chacun de ces régimes impose ses propres documents, ses propres fréquences de mise à jour et ses propres sanctions en cas de manquement. Les directions achats qui gèrent encore cette conformité par campagnes annuelles ou par tableurs partagés accumulent un risque juridique et opérationnel à chaque commande. Avec Provigis, elles peuvent automatiser la conformité de leurs tiers et renforcer leur due diligence tout en lissant leurs coûts opérationnels.
6. Réduction des coûts et « rabais IA » : la négociation reprend ses droits
En France, trois directions achats sur quatre font de la réduction des coûts leur objectif n°1 pour 2026 (77 %, étude AgileBuyer/CNA), une proportion qui caracole à 79 % dans le privé mais qui tombe à 53 % dans le secteur public, moins exposé à la pression sur les marges.
Au global, l’enjeu de la réduction des coûts reste stable (même proportion que 2025), mais la conjoncture s’est durcie. Le FMI prévoit en effet une croissance mondiale de 3,1 % en 2026, mais la zone euro stagne à 1,1 % et l'inflation européenne reste au-dessus de la cible BCE, à 1,9 %. Les directions générales attendent des achats qu'ils compensent, au moins en partie, cette morosité.
Pour y parvenir, 57 % des sondés misent sur la négociation, avec un argument nouveau : le « rabais IA ». Concrètement, 52 % des acheteurs interrogés demandent à leurs fournisseurs de répercuter dans leurs prix les gains de productivité générés par l'intelligence artificielle.
En somme, « si l'IA réduit vos coûts de prestation intellectuelle, de développement informatique ou de traitement administratif, une partie de cette économie doit se retrouver dans vos tarifs ».
Les acheteurs tentent aussi de ménager les budgets :
- En renégociant les clauses d'indexation héritées de la période (très) inflationniste 2022-2024 ;
- En révisant les périmètres de prestations pour éliminer les postes de coût dormants ;
- En challengeant les grilles tarifaires restées figées malgré la baisse des cours de certaines matières premières (le baril de pétrole est passé de 80 $/bbl en 2024 à 67 $/bbl en 2025, avec des anticipations à 52 $/bbl en 2026 selon GEP).
7. Deux acheteurs français sur trois utilisent l'IA au quotidien : anatomie d'une adoption éclair
En 2024, un quart des acheteurs français déclaraient utiliser l’IA au travail. En 2025, la proportion est passée à 40 %. En 2026, elle atteint 63 % (étude AgileBuyer/CNA). Il aura donc fallu plus de trois ans pour que cette technologie s’installe dans la majorité des postes de travail de la fonction achats.
La moitié de ces usages reste concentrée sur la mise en forme de reporting et de tableaux de bord, c'est-à-dire des tâches où l'IA accélère un travail que l'acheteur faisait déjà. Mais l'autre moitié touche des activités à plus forte valeur ajoutée :
- Le sourcing fournisseurs et la rédaction d'emails (53 %) ;
- L'aide au sourcing au sens large (48 %) ;
- Le contract management, c'est-à-dire l'analyse, la synthèse et le suivi des contrats (34 %) ;
- L'approvisionnement (29 %) ;
- Les portails fournisseurs (28 %) et le SRM/KYS, c'est-à-dire le suivi de la relation et de la conformité fournisseur (26 %) ;
- L’élaboration des nouveaux contrats (19 %).
L’IA s’émancipe donc timidement de la bureautique pour irriguer le cœur de métier des achats. Le secteur automobile mène la course avec un taux d'adoption de 86 % (vs. une moyenne tous secteurs de 63 %), porté par des volumes d'achat massifs et des panels fournisseurs très larges qui se prêtent au traitement automatisé.
💡 L’impact de l’IA, sous-estimé dans les directions achats françaises ?
Seuls 45 % des répondants estiment que l'IA est « impactante à court et moyen terme » sur leur métier. Le basculement viendra probablement avec un autre type d’IA, ce qui nous mène à la tendance suivante…
8. L'IA agentique arrive dans les directions achats les plus matures sur le digital
L’IA agentique quitte peu à peu les tribunes prospectives des experts de la tech pour occuper le terrain très opérationnel des directions achats, principalement dans les grands groupes matures sur le digital (GEP). Une petite définition avant d’aller plus loin :
- L’IA générative classique, par exemple un chatbot type ChatGPT, a besoin d’une impulsion pour générer une réponse. On lui demandera de résumer un contrat, rédiger un email ou synthétiser un cahier des charges ;
- L’IA agentique n’a pas forcément besoin de cette impulsion. L’agent peut exécuter une série d’actions de manière autonome et prendre des décisions dans les étapes intermédiaires simplement à partir d’un objectif et de données qu’il peut consulter.
Dans les directions achats pionnières, des programmes logiciels autonomes exécutent déjà des tâches de bout en bout :
- Lancer un appel d'offres sur des composants standardisés ;
- Comparer des réponses fournisseurs standardisées ;
- Détecter les écarts tarifaires peu ou difficilement justifiables ;
- Produire une recommandation d'attribution motivée.
Toujours selon GEP, ce cas d’usage se limite encore à des périmètres conservateurs, notamment sur les approvisionnements récurrents et les bons de commande à faible valeur. Logiquement, ce sont les retailers qui en tirent le plus grand avantage opérationnel, compte tenu de la fréquence quotidienne de leurs commandes de réapprovisionnement (sur la base des données de vente en temps réel).
💡 Sur l’IA agentique, le coût n’est plus un obstacle
L’IA agentique n’est pas une technologie hors de prix (à partir de 15 000 $ pour un développement sur mesure dans un processus achats de bonne taille). Elle ne devrait donc pas rester cantonnée aux grands groupes. Plus largement, l’enjeu n’est plus vraiment l’accès à l’outil. C’est plutôt :
· La maturité Data de l’entreprise : dispose-t-elle de données fiables et suffisamment structurées pour que l’agent IA puisse les prendre comme base décisionnelle ?
· La gouvernance : comment superviser un agent IA qui peut halluciner et discriminer ;
· La conformité légale : l’AI Act deviendra pleinement applicable le 1er août 2026 en France.
L’étude GEP documente plusieurs garde-fous mis en place par les directions achats qui expérimentent l’IA agentique au quotidien :
- Des tableaux de bord d'explicabilité, qui retracent chaque décision prise par l'agent et le raisonnement sous-jacent ;
- Des pistes d'audit pour documenter chaque action dans la chaîne (de la première demande à l'attribution) ;
- Des mécanismes de coupe-circuit, dits « kill switch », qui permettent de suspendre instantanément l’agent IA en cas de dérive grave ;
- Des revues de performance périodiques calquées sur les mêmes KPI que ceux appliqués aux acheteurs humains.
💡 Directions achats : faut-il porter le projet de l’IA agentique auprès du COMEX ?
L'IA agentique se justifie quand trois conditions sont réunies :
1. Un volume élevé de commandes répétitives sur des catégories standardisées (MRO, fournitures, consommables…) ;
2. Des données fournisseurs suffisamment structurées pour alimenter un agent IA ;
3. Un processus d’achat déjà digitalisé de bout en bout (de la demande d'achat au bon de commande).
Si la direction achats en est encore à fiabiliser son référentiel fournisseurs ou à déployer un outil de P2P, l'IA agentique est prématurée. Mieux vaut d'abord consolider les fondations. En revanche, pour une direction achats qui traite plusieurs milliers de commandes par mois sur des familles à faible valeur ajoutée décisionnelle, le gain de temps est réel et quantifiable, le ROI est défendable devant le COMEX.
9. L'inflation opportuniste : un bras de fer permanent entre acheteurs et fournisseurs
Selon l'étude AgileBuyer/CNA, 86 % des acheteurs français suspectent leurs fournisseurs de pratiquer une inflation opportuniste. Le Conseil National des Achats définit cette pratique comme « une situation où certaines entreprises profitent d'un contexte inflationniste général pour augmenter leurs prix au-delà de ce qui est justifié par leurs propres coûts, afin d'améliorer leurs marges ».
Le phénomène n'est pas nouveau, mais il persiste alors même que les conditions qui le rendaient plausible se dissipent. Entre 2022 et 2024, les hausses de prix passaient d'autant plus facilement que l’inflation battait son plein : énergie, matières premières, transport et salaires montaient simultanément, et le fournisseur pouvait justifier des révisions tarifaires parfois importantes par la conjoncture.
En 2026, cet alibi est (un peu) moins crédible, mais les réflexes de hausse, eux, restent bien ancrés, selon les acheteurs français.
💡 La parole de l’expert
Interrogé par ActionCo, Alain Frehring, directeur des achats indirects de Safran, nuance : « Bien souvent, il s'agit de pratiques de rattrapage corrélées aux cycles macroéconomiques. Les fournisseurs s'appuient sur les poussées inflationnistes pour reconstituer des marges érodées par les mécaniques de négociation annuelle. » Un jeu à somme nulle, en somme : l'acheteur arrache des baisses de prix pendant les années de désinflation, le fournisseur tente de les récupérer dès que le contexte lui en donne l'occasion.
Provigis : fiabilisez le suivi de conformité de vos fournisseurs face aux turbulences de 2026
Défaillances en série, instabilité réglementaire, dépendances géographiques mal cartographiées… les directions achats françaises entament l’année avec des obligations de contrôle qui se durcissent sur tous les fronts.
Depuis 2009, Provigis accompagne les directions achats, juridiques et conformité dans le pilotage de la conformité de leurs tiers. Notre plateforme est née au sein du Club des Acheteurs, à partir d'un principe de mutualisation : centraliser la collecte pour ne plus demander les mêmes documents en doublon à chaque fournisseur.
En tant que Tiers de Collecte Probatoire (TCP), nous agissons comme tiers de confiance entre les donneurs d'ordres et leurs fournisseurs, prestataires et sous-traitants. Concrètement, notre plateforme digitale vous permet de :
- Collecter les documents de conformité auprès de vos tiers en quelques clics (obligation de vigilance, attestations URSSAF, Kbis, assurances, certifications QHSE, engagements RSE, questionnaires Sapin II, etc.) ;
- Contrôler l'authenticité des attestations via les API gouvernementales (URSSAF, Infogreffe et INSEE) ;
- Administrer des questionnaires standardisés ou personnalisés (RSE, RGPD, Sapin II…) auprès de vos tiers ;
- Détecter les signaux de fragilité financière chez vos fournisseurs et recevoir une notification dès qu'une anomalie remonte ;
- Piloter les échéances documentaires avec des relances automatiques avant chaque expiration ;
- Interfacer la plateforme avec votre ERP ou SRM pour conditionner les commandes au statut de conformité du fournisseur ;
- Archiver chaque document avec une piste d'audit horodatée, historisée et juridiquement opposable.
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